27 Printemps

À travers cette série de portraits, Lucie Marcillat invite le spectateur à la rencontre d’artistes frappés par la malédiction des 27 ans. Musiciens, écrivains et artistes  sont ici associés à une fleur qui résonne avec leur histoire trop vite achevée. Comme un écho à la beauté fugace et furieuse de ces artistes partis au cours de leur 27ème printemps

portrait de janis Joplin

« Janis »

Huile sur toile 80cm x 120cm

1000€

Janis Joplin était une femme en mal d’amour.

Elle-même ne s’est jamais réellement aimée. 

Quelques roses auraient peut-être pu la consoler…

Portrait de Brian jones

« Brian » 

Acrylique sur toile 60cm x 80cm

700€

Brian Jones est le premier guitariste et membre fondateur des Rolling Stones.

En juillet 1969 il est retrouvé mort dans sa piscine.

Il est représenté ici comme une icône nébuleuse entouré de nénuphars, évocation de cette disparition tragique et absurde.

Portrait de Mia Zapata

« Mia »

Fusain encadré

60cm x 80cm

250€

 

Des fleurs de lin pour Mia Zapata. La fragilité gracile de ces fleurs, leur couleur profonde et mystérieuse évoquent le tragique destin de cette jeune femme talentueuse, assassinée en juillet 1993. Un départ aussi violent et prématuré que la dégradation des pétales de lin sous la moindre goutte de pluie.

 

Portrait de Jimi Hendrix

« Jimi » 

Acrylique sur tissu 80cm x 80cm 

800€

 

 

Il ne fait aucun doute que Jimi Hendrix était le roi de la guitare électrique.

La fleur de lys vient confirmer cette appartenance à une lignée royale.

 

Portrait de Kurt Cobain

« Kurt » 

Huile sur tissu 100cm x 100cm

1000€

Des marguerites s’envolent autour de Kurt Cobain. Des fleurs toutes simples, comme lui, fragiles, comme lui, diaphanes comme lui, éphémères, comme lui, iconiques, comme lui.

Portrait de Robert Johnson

« Robert »

Fusain encadré

30cm x 40cm

150€

La musique de Robert Johnson semble sortie tout droit d’une fleur de coton. Quelque chose de doux et de brut à la fois. Quelque chose qui va puiser dans des racines la douleur et la nécessité de vivre.

Le blues à l’état pur.

« Jules » 

Acrylique sur toile 56cm x 56cm 

500€

Spleen et Printemps

Avril met aux buissons leurs robes de printemps,

Des essaims de baisers frissonnent dans les branches,

La mouche d’eau zigzague aux moires de l’étang,

Les boutons d’or ont mis leurs collerettes blanches…

– Dans mon cœur souffle encor l’hiver et ses autans.

Aux baisers du soleil partout le bourgeon crève

Et devient un calice où, se grisant de sève,

Bourdonnent et l’abeille et les frelons goulus.

Partout du renouveau l’homme joyeux s’élève…

– Seul mon cœur desséché ne refleurira plus.

Le liseron s’enroule étoilé de clochettes

Aux volets peints en vert des blanches maisonnettes

Le réséda, l’œillet et le muguet aussi

Embaument la fenêtre étroite des grisettes…

– Au jardin de mon cœur ne vient que le souci.

Et la main dans la main, par les sentiers ombreux,

Deux à deux, les amants roucoulent langoureux.

Tout aime et tout convie aux amoureuses fièvres,

Tout rit, tout est content de vivre sous les cieux

– Moi, j’erre à travers tout, le dégoût sur les lèvres

Et les couples bourgeois promènent leurs marmots

A la culotte large et fendue au derrière ;

Le soir ils s’uniront à l’heure du loto

Pour chercher le rébus du dernier numéro…

– Moi je n’ai que des soifs folles à satisfaire.

Le soir rythmant leur rêve en gais dactyles d’or,

Les poètes croient voir flotter de blanches fées

Déchirant aux buissons leurs robes de buées,

La nuit, dans la clairière aux brises étouffées…

– Moi je ne sais rimer que visions de mort.

Là-bas dorment les morts. Moi, dans la farce humaine,

J’ai fait mon rôle aussi. Je voudrais m’en aller.

Hélas ! J’attends encor l’heure lente et sereine

Où pour la grande nuit, dans un coffre de chêne,

Le Destin – ce farceur – voudra bien m’emballer.

ler avril 1880.

Jules Laforgue

Portrait d'Isabelle Eberhardt

« Isabelle » 

Acrylique sur toile 56cm x 56cm 

500€

Elle avait été élevée dans un site funèbre où, au sein de la désolation environnante, flottait l’âme mystérieuse des millénaires abolis.

Son enfance s’était écoulée là, dans les ruines grises, parmi les décombres et la poussière d’un passé dont elle ignorait tout.

De la grandeur morne de ces lieux, elle avait pris comme une surcharge de fatalisme et de rêve. Étrange, mélancolique, entre toutes les filles de sa race : telle était Yasmina la Bédouine.

Les gourbis de son village s’élevaient auprès des ruines romaines de Timgad, au milieu d’une immense plaine pulvérulente, semée de pierres sans âge, anonymes, débris disséminés dans les champs de chardons épineux d’aspect méchant, seule végétation herbacée qui pût résister à la chaleur torride des étés embrasés. Il y en avait là de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de ces chardons : d’énormes, à grosses fleurs bleues, soyeuses parmi les épines longues et aiguës, de plus petits, étoilés d’or… et tous rampants enfin, à petites fleurs rose pâle. Par-ci par-là, un maigre buisson de jujubier ou un lentisque roussi par le soleil.

Extrait de « Yasmina la Bedouine » par Isabelle Eberhardt

Portrait d'Amy Winehouse

« Amy »

Acrylique sur panneau

60cm x 60cm

500€

La fleur de pavot, délicate, éphémère, au rouge passionné et sensuel, finira comme Amy Winehouse. En héroïne déchue.